The heat treatment of corundum at Moderate temperature
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Le traitement thermique du corindon à température modérée

HisToire

Le traitement thermique des minéraux fait partie de l'histoire de l'humanité depuis des millénaires.  Il est probable que le changement de couleur de certaines substances minérales soit apparu de manière fortuite, notamment par le mélange accidentel de calcédoine à des roches siliceuses utilisées dans les ateliers de fabrication d'outils.

La plus ancienne référence bibliographique mentionnant le traitement thermique du corindon (rubis) se trouve dans le livre : Al-Jawāhir wa ma Shabhala (Gems and the Likes), vers 850-870 après J.-C., écrit par al-Kindi (Abū Yūsuf Yāqūb bin Ishāq ibn as-Sabbah ibn Ōmran ibn Ismāil al-Kindi), un grand philosophe et scientifique arabe hellénisant (801 - 873 après J.-C.). Dans son livre, al-Kindi décrit de manière détaillée le traitement thermique appliqué aux rubis.

Quelques siècles plus tard, une autre référence (mentionnée à tort comme la première référence) mentionnant le traitement thermique est le Kitab al-jamahir fi ma'rifat al jawahir (The book of the multitude of knowledge of precious stones) écrit par Abu'l-Raihan al-Biruni (973-1050 ap. J.-C.), un scientifique perse, à la cour du sultan Mas'ud.

 

Le traitement thermique TraditionEl et moderne du corindon

On pense que le traitement thermique des saphirs et des rubis est apparu à Ceylan il y a au moins 1 500 à 1 800 ans. À l'époque, ce traitement permettait empiriquement de chauffer les saphirs et les rubis dans un environnement oxydant ou réducteur, à des températures (à l'époque) typiquement comprises entre ≈ 900 et ≈ 1.100°C, mais qui pouvaient être portées à ≈ 1.200 à 1.300°C.

Plus récemment (dans les années 1970 ; date controversée), la technologie moderne a permis d'appliquer un traitement thermique aux rubis et aux saphirs avec un contrôle très précis des conditions, permettant des températures extrêmes allant même jusqu'à 1600 à 1700°C pendant de longues périodes avec différents environnements (gazeux ou fluide), et avec ou sans ajout d'éléments chimiques.

 

Discussion

Le traitement thermique à haute température, généralement associé à un environnement fluide (flux), modifie le corindon de façon spectaculaire. Cette altération comprend à la fois la modification ou la création de couleurs, et les modifications d'inclusions qui impliquent la création de différents types de composés artificiels/synthétiques, généralement constitués des composants de la gemme hôte. Enfin, lorsque ces traitements thermiques sont effectués en environnement fluide (flux), des résidus vitreux sont très fréquemment présents dans les gemmes.

Pour ces raisons, il semble nécessaire et approprié de différencier les traitements thermiques à basse température et à haute température dans les rapports d'expertise gemmologique, étant donné que les effets des traitements sont très différent.

Actuellement, la description du traitement thermique dans les rapports gemmologiques utilise la même formulation, peu importe le type de traitement (moderne ou traditionnel) et n'indique pas l'importance du traitement. Comme il est évident que le traitement thermique à haute température est beaucoup plus sévère que le traitement thermique traditionnel (à plus basse température), nous considérons qu'il est insuffisant et inapproprié de nommer tous les corindons traités à la chaleur avec la même nomenclature.

Les auteurs proposent donc différentes formulations.

 

Auteurs

 

© International Colored Gemstone Association. Cet article a été publié dans la revue "InColor". (2018), Issue 42, Spring, pp 14-23.